samedi 20 mars 2010

En suspend dans le temps


Je suis au travail, dans la petite routine quotidienne. J'ai mal à la tête. Il y a trop de bruit autour de moi . Les téléphones qui sonnent, les gens qui haussent le ton ou qui s'esclaffent, les portes qui claquent,... J'ai un besoin intense de silence et de tranquillité. Et soudain ça arrive. Le temps se fige. Tout autour de moi est dans l'immobilité totale, sauf moi!!! Incroyable! Vite, je dois en profiter car je n'ai absolument aucune idée du temps que ça va durer!!! Je sens que j'ai un certain pouvoir entre les mains, mais je ne sais pas trop quoi en faire pour l'instant... La première chose qui me vient à l'esprit, c'est d'assouvir ma curiosité par rapport à mes collègues de travail! Quel genre de sous-vêtements ils portent? Que cachent les hommes dans leur pantalon? Oh my god!!! Je ne le verrai plus jamais de la même façon celui-là!!! Hahahahaha! C'est amusant, c'est excitant, je suis un peu stressée... si le temps se remet en branle pendant que je regarde dans les culottes de quelqu'un, je me demande bien ce que je pourrais dire pour me défendre! Hahahahahaha!

Je décide de sortir. Le boss ne peut plus me retenir maintenant. La liberté totale!!!

Ce qui me frappe dans cette immobilité, c'est ce silence absolu. Il n'y a absolument aucun son. Ce que nous considérons comme le silence dans la vie de tous les jours est une véritable cacophonie en comparaison de ce que je vis présentement. Il n'y a aucun chant d'oiseau, on n'entend même pas le bruissement du vent dans les arbres. Et surtout pas le son des voitures, qui sont complètement arrêtées dans leur mouvement.

Tout ce que j'entends, ce sont mes sons à moi. Le bruit de mes pas. Et lorsque je m'arrête de marcher, je peux entendre très fortement le son de mon coeur et de ma respiration. Je ne savais pas que mon corps faisait autant de bruit!!! J'entends jusqu'au moindre petit son que mon ventre produit pour digérer mon dîner! Je réalise plus que jamais que le bruit, c'est la vie. Ce silence est la preuve qu'il n'y en n'a plus autour de moi. Ce silence n'a rien de relaxant. Ce silence est plutôt terrifiant. Ce silence finira tôt ou tard par me rendre folle!!!

Vive le temps qui passe! Vive le mouvement! Vive le bruit! Vive la vie!!!

samedi 13 mars 2010

Montagne

J'ai toujours admiré les alpinistes. Que de courage! Personnellement, je n'ai aucun plaisir à pratiquer quelque activité que ce soit qui entraîne une hausse de l'adrénaline. Vraiment aucun. Juste de les regarder en photo, c'est déjà trop pour moi! Ils sont au-dessus des nuages bon sang!!! Encore heureuse de ne pas voir la vue qu'ils ont en regardant en bas!

J'ai déjà entendu dire que le truc, c'était justement de ne pas regarder en bas. De toujours fixer le sommet, le but à atteindre, et de se concentrer sur lui. C'est peut-être ça mon problème au fond. Comme dans la vie de tous les jours d'ailleurs. J'ai souvent peur d'avancer, de me fixer des buts, parce que j'ai peur. Peur de ne pas les atteindre, peur de tomber, peur de me faire mal, de perdre la face, peur d'avoir peur... Alors je reste dans mon petit confort, en bas de la montagne. Vous savez, dans ce beau petit chalet en bois rond, sécuritaire et confortable? Avec un beau petit feu de foyer et une peau d'ours en prime. L'odeur d'une bonne soupe qui cuit. Moi c'est là que je me sens bien. Je me berce sur mon petit perron, je regarde le temps passer, je regarde la montagne et j'admire sa beauté, sans aucune envie de la conquérir.

Eh bien ce texte prend une tournure que je ne soupçonnais pas. Je pense que peu importe comment je présente la chose, il est évident que je ne suis pas une fille de défi, mais que je suis très heureuse quand-même. N'est-ce pas ça qui est important?

samedi 6 mars 2010

Souriez, votre estomac est filmé!


Ma petite soeur s'est rendue à l'hôpital cette semaine pour se faire filmer l'intérieur.

Gastroscopie: nom féminin singulier. Examen de l'appareil digestif à l'aide d'un endoscope (appareil éclairant, permettant d'examiner l'intérieur des cavités du corps humain).

Le dictionnaire décrit bien le but de la chose. Dans mon livre à moi, la définition serait toute autre:

Gastroscopie: expérience désagréable, voire traumatisante, d'avaler de force une caméra parce qu'on en a marre de souffrir au quotidien, et que pour résoudre cette souffrance, c'est la seule solution que le médecin nous a présentée.

J'ai effectivement l'impression que les médecins banalisent cet examen et qu'ils le font passer automatiquement à quiconque a des problèmes digestifs chroniques. Je trouve que c'est un peu aberrant! On le prescrit comme on prescrit de l'Aspirine!

Verdict: ils n'ont rien détecté dans l'estomac de ma pauvre soeur. Et elle en sort complètement traumatisée. C'est tout ce que ça lui a apporté. Comme dans probablement la majorité des cas. J'ai déjà lu quelque part que 90% du temps, les problèmes digestifs chroniques ont une cause psychologique. Est-ce vrai? Ou est-ce que 90% du temps, les médecins ne trouvent pas la cause et s'en remettent à un facteur psy?

Bon j'admets que cet examen a aussi permis de voir s'il n'y avait pas un cancer, et que de le savoir vite augmente les chances de guérison... Mais à son âge, c'est vraiment très rare d'avoir un cancer. Et avec tout le stress que ma soeur subit, c'est tellement évident pour moi que tout vient de là! Même elle semble en être consciente. Alors pourquoi est-ce qu'on ne va pas directement vers ce qui semble être la voie la plus probable?

Le stress de ma soeur a probablement été à son paroxysme dans les derniers jours. Absolument rien pour l'aider dans sa situation.

Je sais déjà ce qu'ils vont lui dire: ''Vous n'avez rien. Cause de stress. Syndrôme du côlon irritable.''

Tout le monde se fait diagnostiquer ce foutu syndrôme. Et le nom le dit, c'est un syndrôme, un symptôme, dont la cause est encore inconnue. On l'attibue à tous ceux qui ont des douleurs intestinales qui ne sont pas dues à un cancer ou autre maladie connue et dépistée par les tests médicaux existants.

Il devrait exister une clinique spécialisée dans ce syndrôme. Des gens qui seraient en mesure de prendre le temps de dépister LE aliment qui cause la douleur en question, ou LA source de stress si telle en est la vraie cause. Parce qu'à l'hôpital, on n'a pas le temps. Et nous-mêmes dans la vie de tous les jours, on n'a pas le temps non plus.

J'ai hâte que les gens commencent à se réveiller. Parfois dans la vie, il faut prendre le temps. Et parfois cela implique que ça n'entre pas dans le cadre des horaires 8 à 5 imposés par le système.

En attendant, je souhaite que ma soeur n'aie rien de grave, et qu'elle réussisse à se guérir elle-même. Je ne crois pas que ce sont les médecins qui vont y arriver.

Suis-je trop pessimiste? Ou suis-je réaliste?