
''J'ai envie de faire quelque chose pour aider ces pauvres gens en Haïti. J'ai eu l'idée de faire un livre de cuisine, on pourrait demander à nos collègues de travail d'amener chacun une recette, et ensuite on pourrait vendre le recueil et envoyer les fonds à Haïti. Qu'est-ce que tu en dis?'' Ma supérieure me regardait avec un sourire, attendant ma réponse...
J'ai mis quelques secondes avant de dire quoi que ce soit. La première pensée qui m'est venue, c'est l'image de ces pauvres haïtiens prisonniers des décombres depuis des jours, affamés, blessés, entrain de prier très fort qu'on vienne les sortir de là. Ils ont besoin de secours rapides!
Je nous imaginais, prendre le temps de choisir des recettes, d'attendre que chacun amène la sienne, élaborer la mise en page, se disputer pour les couleurs et le genre de papier, organiser la levée de fonds, recueillir l'argent et s'informer sur les organismes qui recueillent les dons, etc... Pauvres haïtiens, ils ont le temps non seulement de mourir sous les décombres mais de se transformer en poussière le temps que notre argent leur serve...
''Oui, mais il faudrait que ça se fasse vite...''
Son sourire retomba. C'est bien moi ça! Toujours entrain de péter la bulle des autres. Pauvre elle, elle voulait bien faire, faire sa part en quelque sorte, pour aider ces pauvres gens, à sa manière... Oui c'est vrai, ce dont ces gens ont le plus besoin, c'est de secours immédiats. Mais pouvons-nous vraiment tous aller porter secours directement à ces gens? Ne serait-ce pas merveilleux? Si tous les gens de la planète se rendaient là pour les aider, immédiatement? Quel beau rêve! Mais on ne peut pas. On ne peut pas n'est-ce pas?... Mieux vaut poser un beau geste concret, comme confectionner et vendre un livre, qui en plus de nous enlever notre culpabilité, nous permettra de demeurer dans notre petit confort. Et quelle belle image ça ferait pour la compagnie!
''C'est une excellente idée. J'embarquerais là-dedans c'est certain''.
Oui, malgré tout je participerais. Parce que malgré tout ce qui me répugne dans cette histoire, il y a un bon fond. Il y a un désir d'aider. Je ne sauverai peut-être pas directement un haïtien, mais j'aurai au moins fait quelque chose pour améliorer, je l'espère, leur situation. Et faire quelque chose, c'est mille fois mieux que ne rien faire.
J'ai mis quelques secondes avant de dire quoi que ce soit. La première pensée qui m'est venue, c'est l'image de ces pauvres haïtiens prisonniers des décombres depuis des jours, affamés, blessés, entrain de prier très fort qu'on vienne les sortir de là. Ils ont besoin de secours rapides!
Je nous imaginais, prendre le temps de choisir des recettes, d'attendre que chacun amène la sienne, élaborer la mise en page, se disputer pour les couleurs et le genre de papier, organiser la levée de fonds, recueillir l'argent et s'informer sur les organismes qui recueillent les dons, etc... Pauvres haïtiens, ils ont le temps non seulement de mourir sous les décombres mais de se transformer en poussière le temps que notre argent leur serve...
''Oui, mais il faudrait que ça se fasse vite...''
Son sourire retomba. C'est bien moi ça! Toujours entrain de péter la bulle des autres. Pauvre elle, elle voulait bien faire, faire sa part en quelque sorte, pour aider ces pauvres gens, à sa manière... Oui c'est vrai, ce dont ces gens ont le plus besoin, c'est de secours immédiats. Mais pouvons-nous vraiment tous aller porter secours directement à ces gens? Ne serait-ce pas merveilleux? Si tous les gens de la planète se rendaient là pour les aider, immédiatement? Quel beau rêve! Mais on ne peut pas. On ne peut pas n'est-ce pas?... Mieux vaut poser un beau geste concret, comme confectionner et vendre un livre, qui en plus de nous enlever notre culpabilité, nous permettra de demeurer dans notre petit confort. Et quelle belle image ça ferait pour la compagnie!
''C'est une excellente idée. J'embarquerais là-dedans c'est certain''.
Oui, malgré tout je participerais. Parce que malgré tout ce qui me répugne dans cette histoire, il y a un bon fond. Il y a un désir d'aider. Je ne sauverai peut-être pas directement un haïtien, mais j'aurai au moins fait quelque chose pour améliorer, je l'espère, leur situation. Et faire quelque chose, c'est mille fois mieux que ne rien faire.



